Considérant la situation économique et l’évolution peu valorisante du métier d’ingénieur, l’IESF (ex-CNISF) a publié le 21 novembre dernier un Livre Blanc à destination de nos dirigeants et des institutions politiques françaises !
Le président de notre association, Philippe Deltombes a participé à sa rédaction et à la valorisation de notre diplôme et surtout de notre statut d’Ingénieur.
Comment réindustrialiser la France, réhabiliter l’entreprise et encourager l’innovation ? Comment faire de l’enseignement supérieur une véritable préparation aux métiers ? Quelle stratégie énergétique adopter dans le cadre d’un développement responsable et d’une maîtrise de la sécurité ? Comment restaurer l’image de la science et de la technologie, et rendre attractives les activités qui y sont liées ?
Autant d’enjeux déterminants pour le futur de la France, que la communauté des ingénieurs et scientifiques, forte de plus d’un million de citoyens actifs, souhaite voir apparaître au programme des différents candidats à la Présidentielle et aux Législatives de 2012.
Désirant faire entendre leur voix dans le débat national, les Ingénieurs et Scientifiques de France publient donc un Livre Blanc, fruit d’un projet national de consultation de plus de 6 mois. Ils y font 40 propositions concrètes dans 7 domaines où ils ont compétence et légitimité, et qu’ils jugent prioritaires en raison de leur enjeu sur la durée.
Télécharger ici le Livre Blanc de l’IESF [704 Ko]
1. Relancer l’industrialisation de la France et l’attractivité de ses territoires. Faire de nos entreprises l’outil de reconquête des marchés extérieurs
1. Dans la logique d’un nouveau volontarisme économique, définir une stratégie industrielle à long terme, identifiant les champs d’opportunité technologique. Mettre en place les formations professionnelles correspondantes, des moyens, une logistique et des financements dédiés.
2. Initier un programme national pour identifier les besoins liés au vieillissement et développer les industries et services qui y répondent. Il y a là un marché émergent au sein même de notre société, avec des entreprises bien placées pour prendre une position de pointe et exporter ensuite.
3. Lancer un projet interministériel associant Éducation, Enseignement supérieur, Travail, Industrie et autres secteurs productifs, pour identifier et mettre en valeur notre capital de compétences scientifiques, technologiques et de savoir-faire.
4. Décliner les plans nationaux au niveau territorial afin que se développent de manière sélective des initiatives proprement régionales : la commande publique reste une locomotive, et les collectivités locales doivent pouvoir prendre le relais.
5. Les “success-stories” de nos PME-PMI montrent que c’est souvent dans des niches qu’on atteint la réussite en dépit de la concurrence mondiale. Leur ouvrir un accès privilégié aux retombées brevets des grands groupes et à des financements appropriés car elles dépendent trop des exigences des banques traditionnelles. Favoriser l’émergence d’une épargne grand public engagée sur un temps long orientée vers le soutien d’investissements de type productif, grâce à des mesures fiscales, des agences d’investissement et des caisses de développement régional.
6. Mettre en place pour les 10 prochaines années une politique d’information, de motivation et d’aide à la transmission des entreprises, accordant autant de facilités à un entrepreneur prêt à reprendre une entreprise existante qu’au créateur d’une start-up : c’est essentiel si l’on veut conserver les savoir-faire et emplois, souvent de proximité dans les territoires.
7. Encourager en amont les vocations d’entrepreneur chez les ingénieurs et scientifiques, en ouvrant les formations aux exigences du management technique, en accompagnant les différents stades de croissance avec une assistance adaptée, et en développant dans la société une réelle considération pour les réussites individuelles.
2. Recherche, innovation et invention : clés de notre compétitivité à venir
8. Développer une culture de propriété intellectuelle dans les entreprises et chez les acteurs publics avec lesquels elles ont des liens (enseignement supérieur, recherche). Mettre en place dans les entreprises et les organismes publics des pratiques motivantes pour les inventeurs et leur environnement, et prendre en compte celles-ci dans les bilans sociaux et la notation sociale.
9. Faire du développement de l’innovation, capacité à proposer sans relâche de nouveaux produits plus performants, plus fiables ou totalement novateurs, un projet national prioritaire. Fixer clairement comme objectif le soutien et le développement de l’activité industrielle en France (et en Europe) pour les financements publics de la valorisation de la recherche académique, à l’instar du programme SBIR aux États-Unis. Revenir à un financement plus important parla Défense de recherches à vocation duale (civile et militaire), et donner aux entreprises un droit de tirage sur la recherche publique. Ouvrir le fonds de brevets des grands groupes aux PME-PMI, et promouvoir des coopératives de gestion de la propriété intellectuelle (SATT, sociétés d’accélération des transferts de technologie).
10. Encourager la création d’une instance représentative des PME pour renforcer leur implication dans les programmes de valorisation de la recherche publique, dont elles sont aujourd’hui absentes par manque d’un interlocuteur portant leurs attentes. Mobiliser les PME pour tirer le meilleur profit de l’innovation collaborative, conjointement entre clients, fournisseurs, voire concurrents. Créer un observatoire de l’innovation collaborative (il pourrait être animé par IESF) qui encouragerait les expérimentations et en mesurerait périodiquement les résultats : on assiste en effet à un foisonnement d’initiatives séduisantes intellectuellement, mais dont la pertinence n’est vérifiable qu’après une phase expérimentale.
11. Multiplier les alternances entre universités et écoles d’ingénieurs aboutissant à des doctorats. Encourager le plus grand nombre à consacrer une part de formation et d’activité professionnelle à la recherche, en valorisant celle-ci et en l’intégrant dans des parcours professionnels diversifiés. Assurer les conditions d’un dialogue régulier entre chercheurs et praticiens, encourager le développement d’une recherche partenariale et la mobilité nécessaire entre champs de spécialité. Établir un couplage entre le développement fondamental et le montage d’une “affaire” viable. Mettre l’accent dès les études sur la compréhension du marché et le respect de ses réalités, là où compte la qualité d’écoute et où la seule vérité qui s’impose en dernier ressort est celle du client.
12. Lancer les investissements d’infrastructure indispensables pour les STIC (très haut débit…). Financer des programmes liés à leur usage public (transports, santé, environnement, sécurité civile, justice…). Créer les conditions économiques et légales d’une véritable solidarité entre les acteurs nationaux de cette industrie : grands donneurs d’ordre, consommateurs, opérateurs télécom, SSII, éditeurs de logiciel, fabricants de matériels à haute valeur ajoutée.
3. Améliorer les formations et les préparations aux métiers d’ingénieurs et de scientifiques
13. Donner une identité propre à la filière Ingénierie (techniques et sciences de l’ingénieur). La vivifier par un équilibre entre science et ingénierie, une meilleure flexibilité des cursus (personnalisation, doubles parcours) et un recouvrement accru avec l’entreprise (apprentissage, contractuels…). Créer au niveau national un “livret de compétences” validant l’expérience acquise en cours de carrière, et définir des niveaux d’expertise reconnus au plan tant national qu’international. Défendre le schéma européen d’une formation d’ingénieur intégrée en 5 ans.
14. Enrichir le professionnalisme des diplômés en développant, au-delà de la seule acquisition de compétences, leur capacité à bien juger des situations, à prendre des décisions, à s’adapter à des situations totalement nouvelles, à travailler en équipe, à entraîner celles-ci, en un mot à démontrer leur leadership. La plupart des innovations se développent à l’interface entre plusieurs champs techniques. En vue d’une agilité transdisciplinaire, encourager les formations duales et une aptitude des diplômés à nouer des dialogues par-delà leur domaine spécifique.
15. Recruter des enseignants ayant une expérience du monde industriel et encourager les enseignants en poste à effectuer des passages longs en entreprise, pour disposer de professeurs de haut niveau familiers de l’industrie et du monde économique.
16. Restaurer le fonctionnement de l’ascenseur social, en s’affranchissant de la référence trop exclusive à une vision traditionnelle de la réussite scolaire. Encourager le développement de nouvelles filières, plus aptes à amener vers l’enseignement supérieur les jeunes de milieux défavorisés, grâce à l’apprentissage et à des passerelles entre les différentes types de formation.
17. Quitte à le faire évoluer, garantir l’actif que constitue le modèle français des classes préparatoires et des grandes écoles d’ingénieurs. Tout en préservant leur spécificité, orienter les grandes écoles vers une coopération sans réserve avec les universités dont elles peuvent s’approprier les acquis : lien avec la recherche, flexibilité des cursus… En contrepartie, adoption par les filières universitaires scientifiques à visée professionnelle des acquis de ces écoles : évaluation et sélection, pilotage des formations, pratique de l’entreprise avec stages et projets, enseignements d’ouverture… Renforcer les capacités de conduite du changement et de management des grands ensembles d’enseignement supérieur (PRES), avec si nécessaire l’accompagnement de cadres expérimentés issus des associations de diplômés.
18. Mettre en œuvre un programme national pour définir, optimiser et implémenter la meilleure utilisation possible des ingénieurs et chercheurs seniors.
19. Réaliser tous les deux ans une étude comparative de la situation offre-demande en ingénieurs et en scientifiques dans les grands pays industriels, pour mettre un terme aux controverses sur le niveau souhaitable des flux de formation, et ajuster ceux-ci autant que nécessaire. Encourager chez les diplômés une formation tout au long de la carrière.
20. Recueillir à intervalle régulier auprès des cadres scientifiques et techniques leur sentiment sur les nouveaux champs de qualification à développer, travail de veille et d’observation au-delà de rapports ponctuels sur le sujet.
4. Répondre aux défis énergétiques dans l’immédiat et dans la durée
21. Veiller à une continuité pragmatique de l’approvisionnement en énergie, sans laquelle on risque une rupture catastrophique de l’offre aux conséquences économiques, politiques et sociales insupportables. Ce maintien du nucléaire n’interdit pas, bien au contraire, d’initier des actions volontaristes qui s’inscrivent dans une vision long terme d’investissements lourds en faveur des énergies nouvelles (renouvelables), dont il faudra accepter les effets secondaires (en particulier financiers), pas toujours négligeables.
22. Prendre l’initiative d’une action internationale pour traiter de la sûreté nucléaire au niveau mondial : niveau élevé de sûreté des installations, depuis la conception jusqu’à l’exploitation, en passant par la qualité de construction, normes, mise en place effective, contrôles croisés par les pairs.
23. Prendre l’initiative de mesures européennes, déclinées au niveau national et local, en faveur des investissements d’efficacité et de sobriété énergétiques (urbanisation, secteur du bâtiment, télétravail…) et des services associés. Éduquer la population à un mode de vie (habitat, transport, etc.) plus économe, plus solidaire et usant mieux de l’énergie que nous consommons.
24. Ne pas craindre d’ouvrir un débat public contradictoire, à condition de prendre en compte sans passion excessive toutes les données de coût, d’impact environnemental et d’intégration dans les systèmes de transport et de distribution, et de tenir compte des horizons de temps. Les ingénieurs et scientifiques apporteront leur contribution à cet échange entre citoyens, que ce soit dans l’analyse des problèmes, l’élaboration de solutions techniques innovantes, ou le point de vue d’experts exposant sans parti pris les éléments de réalité, les ordres de grandeur et les espoirs de progrès.
25. Mettre en place un développement de formations et de recherche applicative sur les énergies renouvelables, en favorisant l’émergence de diplômés aptes à conduire un développement responsable
5. Développer une culture de prévention des risques et de sécurité dans un monde incertain
26. Réhabiliter la sécurité au travail : le taux d’accidents a été divisé par trois en 50 ans. Si dans le passé l’environnement de travail (usines, chantiers) était cause de nombreux accidents graves, cette situation a été totalement redressée au fil des années avec des dispositions matérielles innovantes qui résultaient d’une analyse efficace, et par un effort intense d’éducation. Un effort volontaire dans la durée peut donc modifier radicalement l’équation des risques. Il faut en conséquence continuer à travailler sans relâche à la prévention, en refusant toute idée de fatalité.
27. Prendre en compte l’homme, facteur clé de la période actuelle, dans le management de la sécurité. Au-delà du respect des normes et règlements que l’on doit adapter en permanence, donner à la population une perception aussi juste que possible des facteurs de risque, et la faire participer autant que faire se peut à des exercices de sécurité. Mettre en place une pédagogie factuelle et participative dont les ingénieurs et scientifiques pourront être des acteurs déterminants, avec l’émergence d’un nouveau type d’expert, ouvert au dialogue voire au débat critique avec la communauté qu’il est censé servir, et contribuant sans passion excessive à poser chaque problème sous tous ses aspects, en particulier humains.
28. Dès l’introduction sur le marché d’une innovation, l’encadrer par des garanties de sécurité : garanties élémentaires quand on respecte le cycle d’acquisition de l’expérience de terrain, garanties largement redondantes en cas de délais rapides dus à la pression des impératifs commerciaux. Dans tous les cas la population doit être bien informée, grâce à l’application d’une législation élaborée à cet effet : le développement d’une culture de sécurité est l’affaire de tous.
29. Ramener le principe de précaution au strict cadre défini par les textes législatifs, en combattant l’usage abusif de ce parapluie mis à toutes les sauces pour paralyser l’action. Toute évolution présente des facteurs de risque, mais tuer le risque, c’est tuer le changement.
6. Ingénieurs et scientifiques, acteurs engagés d’un développement responsable
30. Éduquer le grand public et les professions ayant un rôle critique à une prise de conscience de leur responsabilité sociétale, leur place et leur rôle étant à repenser dansla Cité comme au sein de l’entreprise. Encourager la naissance et le développement de nouvelles coopérations, comme on l’observe déjà dans l’attitude de certaines collectivités territoriales, en repensant notre mode de vie et en apprenant à satisfaire à des exigences contraignantes (chauffage urbain par exemple).
31. Réformer en profondeur la pratique des métiers de l’ingénierie et leur positionnement dans les processus décisionnels. Par-delà l’habituelle mesure de la réalité des faits, la conception et la mise en place de solutions concrètes et de techniques de suivi, il devient indispensable de faire l’apprentissage d’une approche systémique: les nouveaux problèmes rencontrés par la société de demain seront de moins en moins réductibles à de simples questions techniques, et leurs solutions se dérouleront sur des plans multiples. Inciter les ingénieurs et les scientifiques à s’ouvrir à des disciplines nouvelles pour affronter les problématiques de développement responsable qui confrontent des réalités techniques ou des environnements créés par l’homme, avec des entités de l’ordre du vivant.
32. Introduire dans toutes les filières de formation scientifique supérieure un aperçu significatif des grands défis soulevés par la mise en œuvre d’un développement responsable. Sensibiliser les étudiants aux enjeux d’une approche globale sur le long terme, qui exclut de séparer scientifique, technique, sociétal et vivant. Élargir en conséquence les cursus de formation aux systèmes du vivant : biologie humaine, écosystèmes, histoire, géographie, sciences sociales ou politiques. Adapter la formation initiale et continue à la résolution de problèmes tenant compte du développement responsable, et y introduire des études de cas concrets, traitant de problèmes de ressources énergétiques, d’approvisionnement en eau, d’équilibre urbain…
7. Restaurer une image attractive et concrète de la science et de la technologie
33. Créer un organisme interministériel national réunissant tous les acteurs qui travaillent à la valorisation de l’image du progrès, de la science et de la technologie, avec pour mission de créer une synergie entre ces acteurs, d’identifier les meilleures pratiques et de les faire partager.
34. Reconquérir l’attention des jeunes en restaurant leur capacité d’émerveillement. Créer des situations où ils pourront d’eux-mêmes développer une curiosité active envers les objets de leur environnement et prendre la mesure de la richesse et de la complexité des objets techniques de leur quotidien. Créer un “Nobel scientifique des lycéens” attribué par ceux-ci à un ingénieur et à un chercheur, sur des critères qu’ils auraient eux-mêmes définis en fonction de leurs propres valeurs et centres d’intérêt.
35. Dégager les ressources humaines et financières pour démultiplier le programme “PMIS” (Promotion des Métiers d’Ingénieur et de Scientifique : 29 000 élèves vus en 2009/2010), qui apporte aux jeunes lycéens dès la seconde, à un âge où se cristallisent les aspirations et les vocations, une information détaillée et des témoignages vécus sur les métiers et carrières d’ingénieur et de scientifique, et sur les satisfactions personnelles qu’elles procurent. Interventions prolongées le cas échéant pour ceux qui le souhaitent, de conseils et d’un suivi dans la durée (mentoring).
36. Demander à l’Éducation nationale de lancer en collaboration avec les entreprises et IESF, un programme de longue durée pour les enseignants. Inspiré de PMIS, il amènerait des ingénieurs et des scientifiques dans les lycées et collèges, cette fois pour partager leur expérience et raconter leur métier aux professeurs d’adulte à adulte. On ferait ensuite sortir ceux-ci un moment de leur lycée ou collège en leur ouvrant les portes de l’industrie, des services et du monde productif.
37. Encourager une formation active tout au long de la carrière. Renforcer le budget alloué aux formations métier des ingénieurs et scientifiques dans les entreprises. Faire un inventaire de l’offre de formation existante de tous les établissements d’enseignement supérieur, d’ingénierie comme de management, et construire des parcours adaptés pouvant être proposés à partir de “menus” préexistants.
38. Lancer un projet visant à revaloriser dans les 10 ans la profession d’ingénieur et de scientifique par une rémunération améliorée, des opportunités de progression de carrière y compris au niveau décisionnel des services publics et des entreprises, et une meilleure reconnaissance de ces métiers renforçant leur prestige social. Établir et maintenir un tableau de bord comparant la situation professionnelle des ingénieurs et scientifiques en Europe. Entamer une consultation nationale et un processus législatif permettant d’aboutir à la création par les pouvoirs publics d’une structure officielle pour la communauté des ingénieurs et scientifiques.
39. Faire effectuer un bilan objectif de la suppression de la déductibilité fiscale des cotisations, en particulier pour les associations à but non lucratif reconnues d’utilité publique. Mesurer son réel impact en termes d’économies budgétaires effectives et de réduction des activités associatives. Réévaluer et amender en conséquence les mesures décrétées.
40. Encourager les ingénieurs et scientifiques à participer à la prise des options stratégiques nationales en s’engageant dans la vie politique au niveau parlementaire, territorial et gouvernemental. Étudier des mesures permettant de faciliter l’implication de salariés dans la vie publique, en particulier par le biais d’une fiscalité incitative.
Ingénieurs et Scientifiques de France
Organe représentatif de la profession reconnu d’utilité publique depuis 1860, Ingénieurs et Scientifiques de France est organisé en fédération. Il rassemble les ingénieurs et scientifiques à travers 175 associations d’anciens élèves des écoles d’ingénieurs, associations scientifiques, techniques et professionnelles, associations régionales et sections internationales.
Contact Presse : Jean-Patrick Blin – AB3C – Tél : 01 53 30 74 00 – E-mail : (Enable Javascript to see the email address)